Jardin radio

Charlotte Biron

Une boîte de carton, une cassette, un téléphone, une radio. Le décor est dépouillé. Le corps est en convalescence, improductif, à l’écart du monde. Du fond de la pièce s’échappent des murmures, bientôt des phrases. Ce ne sont pas des gens. Ce sont des voix à la radio. Pendant des jours, des mois, des années, ces voix trompent la solitude et la douleur.


«Regrettant la distance que Sontag installe entre elle et la maladie, son refus de parler d’elle-même, Charlotte Biron entreprend de décrire la douleur, la peur, l’isolement vécus au quotidien avec justesse et lucidité, refusant de recourir à la métaphore: “Je voudrais un texte qui ne dise rien d’intelligent, qui témoigne d’une expérience à côté du monde, violente, ennuyante, invisible.”

Au-delà des chairs meurtries qu’elle évoque, des deuils qu’elle doit apprivoiser, des transformations qu’elle observe, ce qui capte l’attention dans Jardin radio, c’est le combat que l’autrice mène non pas contre la maladie, mais contre l’écriture qui semble imposer sa volonté. “Je repousse ce qui donnerait des teintes magnifiques à la désolation, à la peine, à la douleur. J’essaie de refuser la fiction.”

Tandis qu’elle remonte le fil du récit, réunit les fragments de sa vie, la voix de Charlotte Biron prend de l’assurance “un mot à la fois” et triomphe.»

— Manon Dumais, Le Devoir