Le danseur de La Macaza

Anne Élaine Cliche

Sur la rivière Rouge il y a eu du flottage jusqu’en 1970. Une nuit à La Macaza on l’a vu danser au-dessus des troncs morts un flambeau dans chaque main, il n’avait pas vingt ans, un costaud tout en noir descendant le courant son talit sur la tête dans la lumière de la lune et des flambeaux; il dansait sur les billots de la drave la tête couverte de son châle de prière, tout le monde l’a vu. Plusieurs prétendent l’avoir connu; ce ne sont pas les mêmes qui l’ont vu danser. On ne sait pas si celui qu’on cherche est celui qu’on trouve au fil des souvenirs que chacun raconte et dont ce livre recueille les voix, les raccroche l’une à l’autre.

De La Macaza à la rivière Mégiscane, on s’enfonce dans la forêt abitibienne où les légendes ressemblent à des histoires de pêche et où personne ne s’étonne de croiser le prophète Élie parlant l’algonquin.


«Ce faisant, elle fait revivre, à l’instar de la narratrice de Jonas de mémoire, des pans de l’histoire de l’Abitibi, dont la déforestation, à travers celle de la communauté juive et des Autochtones. En revisitant avec autant de ferveur le pays de ses racines, elle garde ainsi vivante la mémoire de son propre défunt père: “Toutes les versions de l’histoire que je rapporte ici ont la texture de ce qui m’a enfantée.”»

— Manon Dumais, Le Devoir

«Un roman fascinant, un feu d’artifice, une immersion dans la rumeur, l’épopée et le fantasmagorique, les témoignages et les racontars qui suivent les personnages hors normes, les héros qui savent se trouver une place dans l’histoire.»

— Yvon Paré, Littérature du Québec