Pompéi

Patrick Roy

Chaque fois que je sors de moi-même, je me liquéfie, au gré des journées de travail et des villes où je m’égare, étranger. Je m’arrache du lit le matin pour retomber en enfance ou en convulsion devant les cadences d’un monde durci. Partout l’avenir passe pour mort et j’essaie d’habiter le présent dans un univers d’algorithmes où règnent l’évasion et l’expérience client – pour un peu, j’y croirais encore. Il y a les voix de mes parents et tous mes âges emmêlés, il y a des nuées d’oiseaux jaseurs et mon corps couvert de cendres. Il y a les signes multiples que nous courons à notre perte et l’évidence de ma bonne fortune. Je sais bien qu’on dort toujours sur le Vésuve, n’empêche: j’apprends à être là pour ceux que j’aime. – P.R.

Proche des œuvres d’Hélène Monette, de Patrice Desbiens et de Michel Beaulieu, Pompéi donne à entendre une voix où résonnent hantises et peurs communes, deuils et passages à vide – une voix qui écoute et voit, attentive aux gestes, aux choses, à ce qui est voué à disparaître.