White Trash Napoléon

F.P. Meny

White Trash Napoléon est constitué d’une série de monologues rapides et allitératifs. Malaxant des matériaux hétérogènes (maximes, ritournelles, aphorismes, micro-récits autobiographiques, associations d’images, lambeaux de publicité, citations non identifiées, phrases trouvées ou entendues dans la rue), ces cinq proses au débit infatigable privilégient le faux raccord. Elles prennent la forme d’un débat interne houleux dont l’objet se déplace à chaque phrase, évoquant des raps schizophrènes où la parole s’invente, se divise et se dissout dans ses rythmes. Une écriture désordonnée, sous pression, colérique, puérile, joueuse, populaire et critique – d’un mauvais goût souvent inspiré. On ne trouvera pas dans White Trash Napoléon de narration suivie ni d’intrigue romanesque, et pas davantage de structures élaborées: plutôt une parole qui circule à tombeau ouvert, de plain-pied avec le trop-plein de signes de la rue et de la vie sociale, dans une prose qui ne hiérarchise pas, mais qui absorbe tout, passe et revient et insiste.