À la morte-saison

David Leblanc

On l’avait privé de ses papiers, de la mémoire même de son nom, et on l’avait laissé là pour mort. Les instants qu’il avait vécus avant son départ lui étaient si précieux qu’il aurait voulu inventer une machine à se souvenir de tout pour n’en laisser échapper aucun, comme ces disques d’or qui, la cantatrice morte, se remettent à chanter avec cette voix qu’on croyait tue.