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QR14, roman, 248 pages
couverture de Christian Bélanger
18,95 $ / 15 € — print. 2006 + aut. 2006
ISBN 2-923400-09-7


Parents et amis sont invités à y assister – drame en quatre
tableaux avec six récits au centre, composé par Hervé Bouchard

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Deuxième roman de Hervé Bouchard, Parents et amis sont invités à y assister fait entendre, par le recours à la forme dramatique, un chant collectif : un clan livre ses tribulations dans des lamentos funambulesques et « bassement comiques ». Figure centrale de cette polyphonie, la veuve Manchée, femme sans bras dans sa robe en bois, s'adresse à ses soeurs, à ses fils les chiens à tête de veau, à « l'épisodique Laurent Sauvé » joué par un fils de dieu – et à elle-même.

Faite de monologues entrecroisés, cette oeuvre fonde un monde tout à la fois labyrinthe et scène de théâtre, où la parole a force de mythe et fait corps avec les choses et les êtres qu'elle produit ; où l'angoisse est un « orphéon » de fils chiffrés qui joue fort pour les « spectatrons » ; où les tirades sont autant de lieux, cave, coin, voiture et kiosque... Où chaque vivant, « en Hamlet qui magasine », a des morts et des pères qui lui remplissent la voix d'histoires.

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Parents et amis sont invités à y assister a remporté
> Le Grand Prix du Livre de Montréal 2006
et
> Le Prix du Roman 2006 du Salon du livre du
Saguenay-Lac-St-Jean
.

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On retrouve dans ce roman le territoire de fiction découvert dans Mailloux, un Jonquière transmué, sorte de Yoknapatawpha du nord où le prosaïsme cru des vies et les épisodes grotesques sont inextricables. La véhémence qui soulève ce monde, alors même que pèse et le crayonne en noir la mort, fait de cette histoire un séjour dansé sur les rives de l'Achéron.

Parents et amis sont invités à y assister rappelle à quelle exigence poétique le roman peut répondre, et dans quelle liberté de forme il se donne alors – dans la continuité, ici, des oeuvres de Samuel Beckett, de Valère Novarina, ou du Gilbert La Rocque de Serge d'entre les morts et des Masques.

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Extrait en 4e de couverture

« Chaque fois que je me réveille je me rappelle qu'ah ouais, il me manque deux bras, les deux que j'avais à la place du coeur, et puis j'ai mal dans le dos, chaque fois que je me réveille je me rappelle qu'ah ouais, mon dos me le dit : Laïnée, Laïnalinée, t'es mal amanchée. Je dors dans ma robe en bois comme l'esclave coupée d'un magicien. J'ai la tête pleine de sacres. Et puis mes jambes, mes jambes, ça fait longtemps que je les ai pas vues, je leur sens toute dure la graisse. Quelle comédienne aurait voulu qu'on lui coupe les bras pour me figurer ? qu'on lui tue le mari ? qu'on lui orpheline six fils prêts à la manger ? Si je parlais pas probablement que je cicatriserais. Faut pas se fermer, peu importe la couleur de robe de l'humeur qu'on a, je pense ça et ça sort comme ça, ça me déguise, c'est mon fard de pitrée du châtiment, ô, sans bras, viarge. Pas dire ça. Trouvez-moi une comique et enfermez-la dans c'te robe en bois, j'ai dit, et je lui parlerai par le trou. Fallait une comédienne assez cave au centre pour dire, une cylindrée à travers qui souffler, une qui sache crever dans la joie qu'on donne à peindre la misère. On en a pas trouvé et je suis sortie de ma vie. »

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«Avec quelque chose de bâtard et de joyeusement transgressif, Hervé Bouchard renverse par la puissance de sa voix.» — Christian Desmeules,
Le Devoir, édition du samedi 8 avril 2006

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Accusé de réception
par Maxime Catellier


Ici, du 15 juin au 21 juin 2006

Hervé Bouchard nous convie à un impitoyable dîner de têtes qui n'attendent que le dessert pour tomber.

« Il y a de ces romans qui font le pont entre l'histoire et l'horreur, entre les tueries imaginaires et l'amour invincible des familles décomposées. Des romans où il faut mourir pour faire partie de la famille. Où les prêtres zozotent à cause d'une langue (de serpent ?) coupée en deux, comme autrefois Dieu avait puni Maldoror en le frappant en plein front d'un éclair. Et il n'y a pas que le comte de Lautréamont qui hante les pages de ces récits incantatoires d'Hervé Bouchard, illustre citoyen de Jonquière. On sent toutes sortes de spectres rôder sans cesse autour de nos têtes, l'un après l'autre, dans une danse magnifique de la langue, mariant avec une aisance désarmante la voix d'orphelins tapageurs vivant dans les sous-sols, celles de belles-soeurs aux manigances sordides, comptant les morts comme les coupons d'épicerie, et surtout, d'une mère manchote enfermée d'avance dans le cercueil de sa mort future. »

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