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QR01, poésie, 168 pages
couverture d'Élise Cropsal
17,95 $ / 13 € — novembre 2003
ISBN 2-9808122-1-8
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Guillotine
Loge Cobalt
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L'orchestre est ma chauffe, cause
autrui la nuisance
me suit perdu le tambour.
Usine à raspoutitsas.
Autoroutant rue de rashes grattés
où l'ampli roule. Voisin hectique
plissé dès qu'il rôde
je tambourine. Le plan c'est pactise
avec les natifs. Bocaux pour
qu'on temporise, manège têtes
vinaigrées et le vinaigrant: je suis rompu
aux grandes machines, le pinteur, tenu
à domicile cause la pneumatique
vissée, cause le moite chahut
vomi franc. Le directeur, son jeu
de clavecin une resucée à manettes.
Pour sa gouverne il passe
au couperet d'Untel c'est ma devise.
Crin caresseur et
Conondrome.
L.C.
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«Le poète, diplômé de littérature de l'UQÀM, emprunte un pseudonyme,
Loge Cobalt. Le recueil comme tel loge lui-même à l'enseigne de l'avant-garde et
de l'écriture hermétique, grinçante et vindicative. Près de 165 pages, sans compter le
tiré à part, d'une écriture en vers, incisive et lapidaire, qui est rendue obscure par
l'usage de nombreux mots rares ou de néologismes, et à la syntaxe constamment mise à mal.
Quelle que soit l'opinion qu'on pourra émettre sur ce recueil, il est indéniable que nous
sommes devant un tour de force qui n'est pas sans rappeler la virtuosité automatiste du
Vierge incendié de Paul-Marie Lapointe à qui l'auteur reconnaît sa dette. [...]
C'est donc une machine du langage, un langage-machine, mieux, une machination du langage
que met en scène le pseudo Loge Cobalt. Faisant échec au sens, bousculant les repères
habituels de la poésie et en particulier une bonne partie des pratiques de la poésie
québécoise, ce texte, qui renoue par certains aspects avec les expériences formelles de la
défunte Barre du jour, cherche à fonder une nouvelle modernité, elle-même héritière,
mais pas exclusivement, des Herbes rouges. Roger Des Roches y est convoqué, mais aussi
Villon, Beckett pour les plus connus, qui côtoie des noms moins connus (Chet Wiener,
Christophe Tarkos). C'est un recueil qui se lit aussi dans tous les sens, les vers qui
apparaissent aux en-têtes et aux pieds de page étant reproduits dans Guillotine.
Malgré l'apparent désordre de cette poésie, nous ne sommes pas devant le recueil d'un toqué
qui aurait décidé d'aligner des centaines de vers uniquement pour le plaisir de délirer.
Références savantes, jeux ludiques, critique sociale, littéraire aussi composent l'essentiel
de ce discours, mais soutenus par une impressionnante cohésion si l'on considère que cette
écriture, sous des dehors anarchiques, parvient à se maintenir, à poursuivre sa démarche
sans jamais épuiser ses moyens ni se désavouer elle-même. Car c'est bien là le danger qui
guette toute écriture engagée dans une telle pratique: le ressassement ou l'essoufflement.
Je tenais à ouvrir cette chronique avec ce recueil car il y a longtemps au Québec qu'on a
posé de manière aussi radicale les possibilités d'une nouvelle modernité en poésie.»
Jacques Paquin, Lettres québécoises, no 114
«Poésie? Prose effervescente et sans frein? Genres et catégories
sont ici abolies, caduques, inopérantes. Déstabilisation assurée en même temps que (déjà)
parfaitement maîtrisée par le meneur de jeu. "Mais le sens, Général!" Certes, il s'agit
ici d'un livre, de mots, et donc par conséquent de sens. Simplement, l'effet
d'entraînement, l'accélération, la vitesse et l'urgence du propos commandent. [...] Mais
l'audace de Loge Cobalt n'est pas seulement, ou essentiellement, formelle: elle touche le
fond, elle le révèle. Et c'est à partir de ce fond qu'il nous invite à épouser les
rythmes et le style qu'il invente. Le sens vient après, est déduit du mouvement, mais
nullement oublié.
Guillotine est un livre important, de cette race de livres
d'aventure où le lecteur est conduit où il ne pensait pas aller.
Guillotine, titre et programme littéraire de l'ouvrage,
invite à une expérience du temps, délivre ce que l'on veut aujourd'hui
défendre d'une littérature contemporaine.»
Stéphane Lépine, Paysage avec figures
«Cobalt étonne dans sa façon de briser les codes habituels de la
syntaxe et du lisible. Il invente un monde où règne un éclectisme de la parole, une
substance aussi malléable qu'interdite.»
David Cantin, Le Devoir
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